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Réforme infirmière : un décret qui rebat les cartes, la CFDT entre satisfaction et vigilance

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Le 27 janvier 2026

Réforme infirmière : un décret qui rebat les cartes, la CFDT entre satisfaction et vigilance

📰 Réforme infirmière : un décret qui rebat les cartes, la CFDT entre satisfaction et vigilance

Paris, 24 décembre 2025. Publié au Journal officiel au lendemain de Noël, le décret du 24 décembre 2025 redéfinit en profondeur le rôle et les missions des infirmiers et infirmières. Une réforme qualifiée de « tournant historique » par le ministère de la Santé, qui entend renforcer l’accès aux soins dans un contexte de pénurie médicale. La CFDT Santé-Sociaux, syndicat majoritaire dans de nombreux établissements, accueille favorablement plusieurs avancées, tout en alertant sur les conditions de mise en œuvre.

Une autonomie clinique élargie

Le texte officialise pour la première fois la consultation infirmière, désormais inscrite dans le Code de la santé publique. Les professionnels pourront mener des évaluations cliniques, assurer un suivi personnalisé et orienter les patients sans passer systématiquement par un médecin. Autre évolution majeure : la reconnaissance du diagnostic infirmier, longtemps revendiquée par la profession. Le décret élargit également le droit de prescription, dont les modalités précises seront fixées par des arrêtés à venir.

Pour le gouvernement, ces mesures doivent « fluidifier les parcours de soins » et « répondre aux besoins croissants de santé publique », notamment dans les zones sous-dotées.

La CFDT salue une « reconnaissance attendue »

La CFDT se félicite de voir aboutir plusieurs combats historiques. Le syndicat souligne que la réforme « consacre enfin l’expertise clinique des infirmiers » et ouvre la voie à une meilleure prise en charge des patients. Selon la centrale réformiste, la consultation infirmière et l’accès direct constituent « des avancées concrètes pour l’autonomie professionnelle » et pourraient contribuer à désengorger les cabinets médicaux.

Mais des inquiétudes persistent

Si la CFDT approuve l’esprit du texte, elle se montre beaucoup plus prudente sur sa mise en œuvre. Le syndicat redoute une réforme « sans moyens », qui ferait peser sur les infirmiers une charge supplémentaire sans réorganisation globale du système de soins.

Parmi les points de vigilance :

  • le manque d’effectifs, déjà criant dans de nombreux services ;

  • l’absence de financement dédié pour les nouvelles consultations ;

  • la question salariale, que la réforme ne traite pas ;

  • la formation, jugée indispensable pour sécuriser les nouvelles pratiques.

La CFDT prévient : sans accompagnement, la réforme pourrait « rester théorique » et générer de nouvelles tensions dans des équipes déjà fragilisées.

Une mise en œuvre sous surveillance

Les prochains mois seront déterminants. Les arrêtés d’application, les protocoles nationaux et les dispositifs de formation conditionneront l’appropriation réelle de ces nouvelles compétences. La CFDT entend participer activement aux discussions pour garantir que cette réforme « améliore réellement la qualité des soins et les conditions de travail ».