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Le 28 janvier 2026
Projet Médico-Soignant Partagé du GHT8 : une ambition forte, des interrogations persistantes
Le Projet Médico-Soignant Partagé (PMSP) du GHT8 pour la période 2024-2029 s’inscrit pleinement dans la stratégie décennale nationale en faveur des soins d’accompagnement (2024-2034). Cette stratégie réaffirme un principe fondamental : toute personne en fin de vie, ainsi que son entourage, doit pouvoir bénéficier de soins et d’un accompagnement adaptés, quel que soit son lieu de vie. Pour répondre à cet objectif, une transformation profonde du système sanitaire et médico-social est engagée, impliquant une évolution des organisations, des pratiques professionnelles et des ressources humaines.
Dans ce cadre, les Hôpitaux du Massif Vosgien (HMV) prévoient la création de lits identifiés soins palliatifs (LISP) au sein des services de Médecine-Chirurgie-Obstétrique (MCO), ainsi qu’un renforcement des équipes mobiles de soins palliatifs, tant sur le plan médical que paramédical. Cette orientation vise à mieux répondre aux besoins croissants de la population et à garantir une prise en charge plus homogène sur le territoire.
Cependant, la CFDT exprime de fortes réserves quant à la faisabilité et à la pertinence de ce dispositif. Le premier point d’inquiétude concerne le recrutement de personnels spécifiquement formés pour assurer la qualité des soins dans ces lits identifiés. Les tensions déjà existantes dans les services MCO rendent incertain le déploiement de professionnels dédiés, indispensables pour garantir une prise en charge réellement palliative et non simplement organisationnelle.
La question de la formation constitue un second enjeu majeur. Les soins palliatifs exigent des compétences spécifiques, tant techniques que relationnelles. Or, sans un plan de formation ambitieux et financé, le risque est grand de voir ces lits fonctionner sans réelle expertise, au détriment des patients et des équipes.
La CFDT souligne également la difficulté de développer des projets de soins cohérents lorsque les lits sont dispersés sur plusieurs services et sites. Contrairement à une unité dédiée de soins palliatifs, ces lits isolés risquent de manquer de cohésion, de continuité et de lisibilité pour les familles comme pour les professionnels.
Un autre point aveugle du projet concerne les 700 lits d’EHPAD du GHT8, dans lesquels aucun lit identifié soins palliatifs n’est prévu. Pourtant, une grande partie des situations de fin de vie s’y déroule. L’absence de dispositif spécifique dans ces établissements interroge la cohérence globale du projet et laisse craindre une inégalité d’accès aux soins d’accompagnement.
Enfin, la CFDT redoute que ces lits identifiés ne deviennent, à terme, qu’une variable d’ajustement du taux d’occupation des services, plutôt qu’un véritable outil d’amélioration de la qualité des soins. Sans moyens humains, sans formation et sans vision territoriale intégrée, le risque est réel de voir l’ambition initiale se diluer dans les contraintes organisationnelles.
Le PMSP du GHT8 porte une intention louable et nécessaire. Mais pour qu’il devienne un véritable progrès pour les patients en fin de vie, il devra répondre aux nombreuses questions soulevées par les professionnels et leurs représentants. La réussite de ce projet dépendra avant tout de la capacité à garantir des moyens adaptés, une organisation cohérente et une prise en compte de l’ensemble des lieux de vie du territoire.