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Droits familiaux : la CFDT dit stop aux demi‑mesures

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Le 07 mai 2026

Droits familiaux : la CFDT dit stop aux demi‑mesures

Le dossier des autorisations spéciales d’absence liées à la parentalité aurait pu être un exemple de dialogue social utile, exigeant et constructif. La décision du Conseil d’État du 10 décembre 2025 enjoignait pourtant clairement le Gouvernement à publier, avant le 10 juin 2026, le décret fixant la liste des ASA prévues à l’article L.622‑1 du CGFP. Tout était réuni pour avancer : un cadre juridique clair, trois groupes de travail, et la volonté des organisations syndicales, dont la CFDT, de bâtir un texte utile aux agents.

Mais au lieu de saisir cette opportunité, le ministre Amiel a laissé s’installer l’immobilisme. Trois réunions qui auraient pu déboucher sur un progrès social se sont transformées en un enlisement incompréhensible. Le résultat est sans appel : ce 29 avril 2026 la CFDT se voit contrainte de voter contre, pour la deuxième fois, un projet de décret présenté aujourd’hui au CCFP. Une situation que le ministre aurait pu éviter s’il avait réellement voulu faire vivre la démocratie sociale.

Des avancées arrachées, mais un texte encore loin des besoins des agents

La CFDT reconnaît les quelques progrès obtenus au fil des échanges :

  • passage de la nécessité de service à l’ASA de droit pour le mariage et le PACS ;

  • allongement de l’ASA de droit en cas de décès du conjoint.

Ces avancées sont réelles, mais elles restent partielles et insuffisantes. Rien n’a été retenu pour les autres membres de la famille proche, ce qui constitue un recul regrettable par rapport aux discussions antérieures. Surtout, aucune amélioration n’est apportée pour les conjoints non‑fonctionnaires concernant les gardes d’enfants malades, alors même que cette revendication répond à une réalité quotidienne pour de nombreux agents.

Enfin, le refus d’ouvrir la possibilité d’accords adaptés aux réalités de terrain dans les trois versants de la fonction publique prive les employeurs et les agents d’un outil essentiel pour améliorer concrètement les droits familiaux.

La CFDT refuse les demi‑mesures : les droits familiaux doivent progresser, pas stagner

Pour la CFDT, les ASA ne sont pas un simple dispositif administratif. Elles sont un levier essentiel pour permettre aux agents de concilier vie professionnelle et vie familiale, pour renforcer l’égalité femmes‑hommes, et pour garantir un service public humain et responsable.

C’est pourquoi la CFDT défend une ligne claire :

  • aucun recul sur les droits familiaux ;

  • aucune famille laissée de côté ;

  • aucune inégalité maintenue entre agents selon le statut du conjoint.

Le ministre doit comprendre que la CFDT ne cautionnera jamais un texte qui ne répond pas aux besoins réels des agents. Notre organisation est constructive, mais elle ne transige pas sur les principes fondamentaux de justice sociale et de progrès.

Le dialogue social exige méthode, transparence et respect des mandats

La CFDT travaille avec sérieux et responsabilité. Nos représentants ne s’engagent jamais sans mandat, et ils rendent systématiquement compte à leurs instances, qui déterminent ensuite la position finale, y compris le vote en CCFP. Ce fonctionnement n’a rien d’un slogan de “Start‑up Nation”. C’est la démocratie interne, la transparence, et le respect des adhérents.

Le ministre doit intégrer cette réalité : le dialogue social ne se décrète pas, il se construit. Et il suppose de respecter les organisations syndicales, leurs méthodes, et leurs exigences.

Un ministre qui trébuche, un gouvernement qui doit apprendre

La CFDT considère que chacun peut apprendre de ses erreurs. Nous espérons que le ministre de l’Action et des Comptes publics tirera les leçons de cet épisode. Les agents, eux, n’ont plus le temps d’attendre. Ils ont besoin de droits clairs, protecteurs et adaptés à leurs réalités.

La CFDT restera engagée, vigilante et combative. Elle continuera à défendre les agents, à porter des propositions concrètes, et à refuser tout recul social.