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Fonctionnaires : un été noir pour l'arrêt maladie?

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Le 17 juin 2026

Fonctionnaires : un été noir pour l'arrêt maladie?

Le gouvernement prépare plusieurs évolutions importantes concernant les arrêts maladie des agents publics. Plafonnement des arrêts, contrôles renforcés, réforme du temps partiel thérapeutique : les mesures envisagées suscitent de nombreuses interrogations et de vives inquiétudes parmi les organisations syndicales.

Pour la CFDT HMV, la question mérite un véritable débat : comment concilier la nécessaire maîtrise des dépenses publiques avec la protection de la santé des agents et la qualité du service public?

Des arrêts maladie davantage encadrés

Selon les documents présentés aux organisations syndicales, les prescriptions d'arrêt maladie seraient davantage limitées dans le temps , avec un plafonnement de la durée des arrêts ordinaires et des règles plus strictes pour leur renouvellement.

Le gouvernement justifie ces mesures par la volonté de lutter contre l'augmentation des arrêts de travail et harmoniser certaines pratiques avec le secteur privé.

Mais pour la CFDT HMV, la maladie ne peut être réduite a une simple variable statistique. Derrière chaque arrêt se trouvent des situations humaines parfois complexes : épuisement professionnel, maladies chroniques, traitements lourds ou difficultés liées aux conditions de travail.

Le temps partiel thérapeutique fragilisé

La réforme du temps partiel thérapeutique constitue l'un des points les plus préoccupants.

Aujourd'hui ce dispositif favorise une reprise progressive de l'activité après une maladie ou un accident. Il représente souvent une étape essentielle pour éviter une rechute et sécuriser le retour à l'emploi.

Les nouvelles dispositions envisagées donneraient davantage de place à la décision de la Direction, avec notamment un délai pouvant atteindre 30 jours pour se prononcer sur certaines demandes.

Pour la CFDT HMV, toute évolution du dispositifs doit préserver sa vocation initiale : permettre aux agents de reprendre leur activité dans des conditions compatibles avec leur état de santé.

Des économies qui avancent plus vite que les protections

Ces annonces interviennent dans un contexte particulièrement difficile pour les agents hospitaliers.

Alors que le gouvernement multiplie les mesures visant à encadrer davantage les arrêts maladie, les personnels de la Fonction publique hospitalière attendent encore la mise en œuvre effective de la nouvelle protection sociale complémentaire santé et prévoyance annoncées depuis plusieurs années et pour laquelle les négociation peinent à avancer.

Pour la CFDT HMV le contraste est difficile à comprendre. D'un côté, les pouvoirs publics demandent toujours plus d'effort aux agents malades, renforcent les contrôles et restreignent certains dispositifs de reprise d'activité. De l'autre, les réformes destinées à améliorer la couverture santé et la prévoyance des personnels hospitaliers peinent encore à se concrétiser pleinement.

Dans les établissements de santé, où les conditions de travail demeures particulièrement exigeantes, tant sur le plan physique que psychique, la priorité devrait pourtant de mieux protéger les agents confrontés à l'usure professionnelle et aux risques psychosociaux.

Pour de nombreux professionnels hospitaliers, le sentiment est aujourd'hui celui d'un déséquilibre : les mesures d'économie avancent plus vite que les dispositifs destinés à renforcer leur protection sociale.

Prévenir plutôt que sanctionner

La CFDT rappelle que la meilleure politique de lutte contre l'absentéisme reste la prévention.

Amélioration des conditions de travail, préventions des risques psychosociaux, reconnaissance professionnelle, effectifs suffisants, accopagnement des agents fragilisés : autant de leviers qui permettent d'agir durablement sur les causes des arrêts maladie.

Réduire les droits des agents ou multiplier les contrôles ne saurait constituer une réponse suffisante à des difficultés qui trouvent souvent leur origine dans l'organisation du travail elle-même.

La santé des agents n'est pas une variable d'ajustement

La santé au travail doit demeurer une priorité de l'action publique.

La CFDT HMV restera particulièrement vigilante sur les conséquences concrètes de ces réformes et continuera à défendre un principe simple: lorsqu'un agent tombe malade, il doit bénéficier d'un accompagnement adapté, fondé sur des critères médicaux et non sur des considérations exclusivement budgéaires.

Aux HMV comme dans l'ensemble de la Fonction publique hospitalière le syndicat CFDT restera vigilant face à toute réforme susceptible de fragiliser les agents lorsqu'ils sont confrontés à la maladie. La reconnaissance de l'engagement quotidien des professionnels de santé ne peut pas se traduire uniquement par davantage de contrôles ou de restrictions. Elle se doit de passer par la mise en place d'une protection sociale à la hauteur des missions exercées au service des patients.

Parce que protéger la santé des agents, c'est aussi garantir la qualité et la continuité du service public.