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FO et le mirage de l'argent magique !

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Le 26 octobre 2026

FO et le mirage de l'argent magique !

Un peu de mémoire ne fait jamais de mal

La prime d'engagement collectif a été créée dans le cadre du Ségur de la santé en 2020 puis renforcée en 2022.

Cette même année, FO et les deux autres organisations syndicales représentatives des HMV signent avec la direction un accord définissant les priorités d'utilisation de l'enveloppe allouée par l'ARS.

Cet accord prévoyait plusieurs possibilités de financement, dont la prime d'engagement collectif. Pourtant, les signataires ont alors retenu quatre priorités :

  • La résorption des emplois précaires ;

  • Deux campagnes de paiement des heures supplémentaires ;

  • Le financement des heures supplémentaires réalisées via HUBLO© au titre des IHTS ;

  • Le maintien de la prime de mobilité durable.

L'accord a été conclu pour trois ans et a couvert les exercices 2022, 2023 et 2024.

Faute de nouvel accord, l'ARS a continuée pour 2025 et 2026, de verser les crédits sur la base des orientations définies par les signataires de 2022. Autrement dit, les règles actuellement appliquées sont directement issues des choix effectués à l'époque, avec FO parmi les signataires.

Les chiffres ne relèvent pas de la magie

Entre 2022 et 2025, les HMV ont perçu environ 3,86 millions d'euros au titre de cette enveloppe.

Dans le même temps, près de 7,65 millions d'euros ont été engagés pour financer les dispositifs prévus.

Le constat est sans appel : les dépenses financées dépassent largement les recettes perçues.

Il ne suffit donc pas de citer le montant de l'enveloppe pour affirmer qu'il resterait un trésor caché prêt à être redistribué.

Et surtout, les dépenses concernées n'ont pas disparu ! En effet:

  • Les heures supplémentaires réalisées via HUBLO© continuent d'être payées ;

  • La prime de mobilité durable est renouveler pour l'année 2026 ;

  • La résorption de l'emploi précaire se poursuit et figure dans les lignes directrices de gestion jusqu'en 2030.

Ces engagements produisent des effets durables et génèrent des dépenses réelles. Ils ne s'effacent pas d'un coup de baguette magique.

359 823 euros en tout : très loin des 930 euros promis par agents

Pour 2026, l'enveloppe annoncée s'élève à 359823 euros.

Mais cette somme doit encore contribuer au financement des dispositifs existants.

Alors comment expliquer les promesses de 930 euros pour chacun des 1 800 agents de l'établissement ?

Le calcul est pourtant élémentaire :

  • Enveloppe annoncée : 359 823 € ;

  • Effectif concerné : environ 1 800 agents ;

  • Répartition théorique maximale : environ 199.9 € brut par agent.

Et ce calcul est déjà extrêmement favorable puisqu'il suppose que l'intégralité de l'enveloppe puisse être distribuée sans financer aucune autre dépense.

À l'inverse, verser 930 euros à chacun des 1 800 agents nécessiterait :

930 € × 1 800 agents = 1 674 000 €

Soit plus de quatre fois l'enveloppe annoncée pour 2026.

Avant même de parler des dépenses existantes, il manque donc plus de 1 300 000 euros.

Les chiffres sont têtus. Ils ne s'adaptent ni aux slogans ni aux affiches électorales n'en déplaisent à FO.

Promettre est facile. Financer est plus compliqué.

À quelques mois des élections professionnelles, chacun est libre de faire campagne.

Mais les agents ont droit à des informations sincères, transparentes et financièrement crédibles.

La question n'est pas de savoir qui promet le plus.

La vraie question est simple :

Qui finance ? Avec quelle enveloppe ? Et au détriment de quels engagements déjà existants ?

La prime d'engagement collectif mérite un débat sérieux, fondé sur des chiffres vérifiables, des choix assumés et des financements identifiés.

L'argent magique n'existe pas.

Les accords signés, les engagements pris et les comptes de l'établissement, eux, sont bien réels.

Et lorsqu'on confronte les promesses à la réalité budgétaire, les mathématiques rappellent une vérité simple : elles ne font pas campagne électorale. Elles décrivent simplement la réalité.

Au final, la question n'est peut-être pas de savoir où se trouve l'argent magique. La question est plutôt de savoir où étaient les propositions de FO lors du CSE extraordinaire du 22 octobre 2026.

Alors même que FO conteste aujourd'hui l'accord et multiplie les critiques, ses représentants n'ont formulé aucune proposition alternative, aucune contre-proposition lors des débats.

Plus surprenant encore, FO n'a même pas voté contre l'accord qu'elle dénonce désormais publiquement. Pourtant, avec un rapport de voix de 4 contre 6, un vote défavorable n'aurait rien changé à l'issue du scrutin. Il aurait simplement permis d'assumer clairement une position syndicale.

De la même manière, alors qu'une campagne de pétitions avait été largement relayée et que des engagements avaient été pris auprès des agents, aucun des commentaires ou arguments des signataires de cette pétition n'a été porté à la connaissance de l'instance ni lu en séance.

Critiquer après coup est toujours possible. Défendre ses positions dans les instances, faire des propositions concrètes, assumer son vote et porter jusqu'au bout les revendications annoncées aux agents demandent davantage de courage et de cohérence.

Entre les déclarations d'aujourd'hui et les actes d'hier, les agents apprécieront la cohérence.

La CFDT continuera, pour sa part, à défendre les agents dans les instances, avec des propositions, des arguments et des positions assumées.